Cahier de doléances 1789

Etats généraux 1789 Archives parlementaires Baillage de Douai
CAHIER
Des plaintes, doléances et remontrances des habitants de la communauté de Flines.

L’an 1789, le 23 mars, nous, manants et habitants du village de Flines, nés Français, âgés de vingt-cinq ans et au-dessus, assemblés ce jourd’hui au lieu ordinaire des assemblées audit Flines, à effet de procéder à la rédaction du cahier de doléances, plaintes et remontrances qu’il nous est enjoint de former pour présenter à Sa Majesté, le tout en exécution des lettres du Roi du 19 février dernier et règlement y annexé, et de l’ordonnance de M. le lieutenant général de la gouvernance de Douai du 7 du présent mois, à la formation duquel cahier avons procédé à ladite injonction de MM. les lieutenants et échevins dudit Flines comme il s’ensuit.

1° Nous remontrons pour premier chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce qu’aucune personne du tiers-état du plat pays n’a part dans l’administration des vingtièmes et au-tres impôts réels ou personnels; nous demandons en conséquence qu’il y ait des assemblées provinciales dans lesquelles nous soyons représentés par des députés librement choisis.
2° Nous remontrons pour deuxième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que l’abbaye de Flines jouit de plusieurs places, telles que celle de Montreux et autres, sans titres: nous demandons en conséquence que ces places appartiennent à notre communauté.
3° Nous remontrons pour troisième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que les seigneurs de différents cantons de Flines se sont emparés du droit de plantis sur les flégards; nous demanderons que ces plantis appartiennent aux propriétaires des terres adjacentes auxdits flégards, étant tenus aux réparations des chemins.
4° Nous remontrons pour quatrième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que Madame l’abbesse de Flines a le droit de nommer les échevins dudit Flines; nous demandons en conséquence qu’ils soient nommés par la communauté tous les deux ans.
5° Nous remontrons pour cinquième chef de doléances, que nous avons a nous plaindre de ce que l’on assiste une partie des pauvres de Flines avec les revenus des biens communaux, ce qui fait que notre répartition est diminuée annuellement. Nous demandons en conséquence qu’il soit défendu d’assister les pauvres avec lesdits revenus.

6° Nous remontrons pour sizième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que l’abbaye de Flines fait valoir des bois, prairies et terres à labour sans payer presque de vingtièmes ni tailles, Nous demandons que ladite abbaye soit, pour ce qu’elle fait valoir, comme les habitants du lieu, de même M. le curé.
7° Nous remontrons pour septième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que le chapitre d’Arras et autres jouissent d’une dîme à huit du cent, audit Flines; nous demandons que cette dîme soit abolie et que la communauté soit chargée de la réédification de l’église ainsi que des autres charges v relatives.

8° Nous remontrons pour huitième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que les seigneurs jouissent de plusieurs droits seigneuriaux tel que dixième et soixantième denier, à la vente d un transport, relief, etc.
Nous demandons que ces droits soient abolis.
9° Nous remontrons pour neuvième chef de doléances, que nous avons à nous plaindre de ce que nous payons beaucoup d’impôts sur les boissons; nous demandons que lesdits impôts soient modérés, et que les ecclésiastiques et nobles les payent comme les habitants.
10° Nons remontrons que les terres de notre terroir sont imposées trop haut à proportion de celles des villages voisins, en payant trois florins du bonnier pour les tailles et quelquefois plus,
11° Nous demandons le reculement des barrières aux frontières.
12° Nous remontrons que Messieurs des Etats de Lille nourrissent plusieurs chevaux entiers pour procurer des élèves; nous demandons qu’il n’y ait plus de ces chevaux, et que nous soyions libres d’en avoir où nous voudrons.
13° Et enfin nous demandons qu’il soit arrêté que les Etats généraux seront assemblés périodiquement à des termes convenus.
De tout quoi nous avons fait et signé ces présents pour servir et valoir ce qu’il appartiendra les, jour mois et an que dessus.

Signé à l’original :
Delaunoy, Candrelier. Lenoir, Godin, Vasseur, Buf, P.J.Debroeuil, Debruille, L. Lemaire, J.-Baptiste Léonard, Paul Des Mois, L. Vannicat, Philippe Baillet, Bouchart, Dulieu, Candrelier, J-Baptiste Descène, Jacques-Joseph de Lannoi, Pierre Despinoi, Jérome Debruille, Richard, P.J. Deleplanque, Bouchard, Blervaque, Dufrénoy.